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YÉMEN NE PEUT PLUS ATTENDRE Enfin une question écrite au Ministre des Affaires étrangères

YÉMEN NE PEUT PLUS ATTENDRE Enfin une question écrite au Ministre des Affaires étrangères
ALLIANCE INTERNATIONALE POUR LA DÉFENSE DES DROITS ET DES LIBERTÉS "AIDL" ـ

AIDL et Alain Massé, producteur du reportage réalisé par Khadija Al-Salami "Yémen: les enfants et la guerre», diffusé le 8 février sur Envoyé spécial, ont obtenu que le député de la République En Marche Sébastien Nadot - touché par le reportage- interpelle officiellement le gouvernement dans une question écrite posée sur la question des ventes d'armes françaises utilisées par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes Unis pour bombarder quotidiennement les populations civiles du Yémen.

Dans l'émission LE QUOTIDIEN de Yann Barthès entre 19h40 et 20h00, le 23 février sur TMC, Sébastien NADOT , révèle sa question dans une interview assumant publiquement sa démarche dans le cadre de son mandat d'élu du Parlement qui doit contrôler l'action du gouvernement. 

Ministère interrogé : EAE - Ministère de l'Europe et des affaires étrangères Question n° 08-00014 , M. Sébastien Nadot alerte M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur le 25 mars 2018, 3ème anniversaire de la guerre pour les populations civiles du Yémen, avec déjà ses 10 000 morts et 53 000 blessés. 

Sur 27 millions d'habitants que compte le Yémen, 8 sont au bord de la famine, 2 ont été déplacés et plus d'1 million affectés par une épidémie de choléra, difficilement contrôlable en raison du conflit..  En 2017,  l'ONU déclarait que le pays connaissait "la pire crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale". Les groupes djihadistes ont renforcé leur influence au Yémen à la faveur du chaos. Les forces progouvernementales soutenues militairement par la coalition organisée autour de l'Arabie saoudite s'opposent aux rebelles Houthis appuyés par l'Iran qui se sont emparés de vastes régions du territoire dont la capitale Sanaa. Tout indique qu'en tant qu'État, le Yémen a quasiment cessé d'exister. Ses infrastructures sont en déliquescence et son président est réfugié en Arabie saoudite. Le blocus imposé par la coalition menée par l'Arabie saoudite aggrave une situation déjà catastrophique. A de nombreuses reprises, il a empêché l'acheminement de nourriture, de médicaments et de carburant, conduisant à la fermeture d'hôpitaux et privant d'eau potable des villes entières. 

« Il faut mettre un terme au sang versé et ne pas s'accoutumer à la guerre car personne n'est gagnant sur le terrain de la bataille. Le grand perdant, c'est le peuple yéménite », déclarait fin 2017 Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, alors représentant spécial de l'ONU au Yémen. 2 millions d'enfants ne sont pas scolarisés et certains rejoignent les combattants. Chez les filles, l'Unicef a observé une très forte augmentation des mariages précoces et presque trois quarts d'entre elles sont mariées avant l'âge de 18 ans. 

La France a une responsabilité particulière en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. En cas d'urgence humanitaire, une action coercitive peut être menée par l'entremise du Conseil de sécurité, conformément à la Charte des Nations Unies. La résolution 43/131 du 8 décembre 1988 de l'Assemblée générale des Nations Unies - votée à l'initiative de la France, suivie d'une seconde résolution datée du 14 décembre 1990 sur la création de couloirs humanitaires – affirme le principe d'un libre accès aux victimes de catastrophes naturelles et autres situations d'urgence. Cette résolution invite les Etats à faciliter l'acheminement des secours humanitaires. Le Yémen a besoin de cette aide. 

La France a une responsabilité redoublée par sa capacité à dialoguer avec les acteurs régionaux (Arabie Saoudite, Iran, Emirats). Par sa position au sein de l'Europe, par son histoire avec les pays concernés et ses possibilités d'agir, la France est un acteur diplomatique essentiel de cette région du monde. La France est en position d'exercer sa responsabilité de protéger, d'encourager et aider les Etats de la région à s'acquitter de cette même responsabilité. 

Enfin, pour apaiser ce conflit, la France a également une responsabilité à assumer puisqu'elle compte parmi les principaux fournisseurs d'armes de l'Arabie Saoudite, lequel pays a déjà utilisé des Canons Caesar au Yémen tandis que des avions de combats et chars d'assaut français ont été utilisés par les Emirats arabes unis, alliés de l'Arabie Saoudite. 

Alors que le Parlement européen a adopté plusieurs résolutions (non contraignantes) visant à un embargo sur les ventes d'armes à l'Arabie Saoudite, comment la France compte-t-elle s'assurer que l'utilisation des armes une fois livrées – si c'est encore le cas - est normalement encadrée ? 

Devant un tel drame humain, comment la France compte-t-elle jouer son rôle de membre permanent du Conseil de Sécurité à l'ONU et user de son potentiel diplomatique pour venir en aide aux millions de femmes, d'hommes et d'enfants yéménites qui se sentent abandonnés ?

 
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