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Discours du Président de Alliance internationale pour la défense des droits et libertés »AIDL »

Discours du Président de Alliance internationale pour la défense des droits et libertés »AIDL »
Conférence de Paris pour discuter de la situation humanitaire au Yémen La souffrance humanitaire au Yémen ignoré et dans le cercle de l’oubli

Madame, Monsieur, chers invités,

Je vous remercie tous d’être là. J’apprécie très sincèrement votre présence et votre participation, avec nous, aujourd’hui à cette conférence consacrée à la situation humanitaire au Yémen, après 2 ans de guerre.

Vous savez tous quel est l’état actuel de la situation au Yémen et dans quelles conditions désastreuses et catastrophiques terribles se trouve le pays. Toutes les institutions et organisations gouvernementales et non gouvernementales avaient prévenu de la gravité de la situation. Même les Nations-Unies ont décrit la « Situation d’ Urgence » comme n’ayant pas eu d’équivalent depuis la seconde guerre mondiale.

Selon une déclaration du Secrétaire général de l'Organisation des Nations-Unies (ONU) pour les affaires humanitaires, de mars dernier « 1400 enfants, filles et garçons, ont été tués en quelques semaines seulement au Yémen. Dans le même temps une catastrophe humanitaire menace près de 20 millions de Yéménites et 7 millions d'entre eux sont au bord de la famine. Les rapports indiquent aussi que le nombre des civils tués dépasse les 10000, dont 4 000 femmes et enfants, et près de 20 000 sont blessés, parmi eux se trouvent 2 000 enfants. Sans oublier les 4 millions de personnes déplacées et sans abri, les 3 millions qui ne trouvent rien à manger ou ceux qui ne mangent qu’un seul repas tous les trois jours, sans parler des 5 millions de personnes à qui les aides alimentaires et médicales ne parviennent même pas. 

Il faut noter également que 19 millions de Yéménites luttent pour avoir accès à l'eau, que 10 millions d'enfants vivent dans des conditions critiques, que 2 millions d'entre eux sont tenus loin de l'école, que 2 millions d'enfants souffrent de problèmes de santé et de malnutrition, que de nombreux civils ont perdu des organes et près de 2 000 enfants se trouvent engagés dans la guerre.

Le Yémen connaît aussi l'effondrement presque total des services de santé. Ceci a causé la mort d’un millier de femmes et 52 000 femmes enceintes sont exposées au risque de complications graves pendant la grossesse ou l'accouchement.

D’autres rapports font état également de la destruction et de dommages causés 400 000 maisons, installations civiles, usines, ponts, routes, écoles, universités, réservoirs, systèmes hydrauliques, entrepôts de nourriture ainsi qu’à près de 200 sites archéologiques. Le fait de cibler les hôpitaux et les installations médicales a conduit à l’incapacité totale pour les médecins d'effectuer leur travail, privant près de 15 millions de personnes de soins de santé. Beaucoup d'entre eux sont en train de mourir pour des raisons qui peuvent être surmontées s’il y avait des médicaments et du médicale. 

 

Sans parler de la souffrance de plus de 400 000 fonctionnaires qui n'ont pas reçu leurs salaires depuis plus de six mois. Et des personnes qui ont droit à l’aide sociale et se trouvent dans des situations dramatiques. Elles risquent leur vie. Certaines sont aux portes des banques en attente de leurs salaires.

La souffrance a gagné près de 10 000 Yéménites, bloqués avec leurs familles à l'étranger depuis que la guerre a éclaté et qui ne peuvent pas retourner dans leur pays en raison des conditions de guerre. Beaucoup d'entre eux n’ont aucun source de revenu, aucune aide et vivent dans une situation tragique. D'autres se retrouvent dans des camps de réfugiés, à Djibouti ou en Somalie, en Egypte, en Jordanie, au Liban et en Malaisie. Tous affrontent des conditions très mauvaises. 

Beaucoup de pays ont imposé des visas depuis le début de la guerre pour l’entrée des yéménites, alors qu’auparavant ils n’en demandaient pas. Ceci a accru leurs souffrances, et plus encore celles de ceux qui doivent voyager pour se faire soigner. De plus a causé la fermeture de l’aéroport de Sana’a, et cela depuis plus de 7 mois. 

Près de 100 000 étudiants vivent des conditions très difficiles. Les aides financières qui leur sont dues ne leur parviennent plus. Certains d'entre eux sont menacés d'expulsion, d’autres d’être déportés, comme les malades par exemple, sans que le gouvernement internationalement reconnu du Yémen n’assume le minimum de responsabilité, ni ne cherche à trouver des solutions, à envoyer des traitements à tous ceux qui souffrent. Malgré tout le soutien qu’il reçoit de la communauté internationale.

Le peuple Yéménite est laissé seul, luttant chaque jour pour rester en vie dans un conflit aveugle et sans intérêt. Quand le calme s’installe, ce n’est que pour marquer les différences, la haine d’un camp contre l’autre, la volonté de se débarrassé de l’autre. Et l’on ne parle pas de la violation quotidienne, choquante, effrayante des droits de l’homme, du droit humanitaire international. 

 

Dans sa troisième année, la guerre au Yémen est presque une catastrophe oubliée. Sans véritable intérêt. Il n’y a pas le moindre sentiment de responsabilité de la part des parties en conflit. On ne donne aucune importance à toutes ces souffrances, à toutes ces douleurs, à tous ces cris de détresse. On préfère rester muet et aveugle devant cette escalade de violence, continue et désastreuse. 

Pourtant ce pays ne mérite pas du tout ce qui lui arrive. 

Face au désastre, à la tragédie, à la mort, à la famine, à l’exil, les communautés internationales, les Nations-Unies et d’autres organisations restent spectatrices, debout,  sans faire bouger les choses. Cet état de fait est comme une tache sur la conscience de la communauté internationale,  et ce devant l'humanité entière. 

Les Nations-Unies peuvent imposer une solution et un règlement politique aux différentes parties pour arrêter cette guerre désastreuse et ses effets négatifs. Les parties en conflit se sont révélées capable de continuer à détruire le pays malgré les cris d’un haut fonctionnaire des Nations-Unies appelant à l’arrêt immédiat de la guerre et qui a accusé la communauté internationale d'ignorer la crise humanitaire au Yémen.

Je vous parle aujourd'hui de ce que je vois et de ce que j’observe quotidiennement et en imagination je vois une réalité amère et un enfer terrible, indescriptible, celui qu’éprouvent les Yéménites là-bas. 

Je regarde et je lis tous les jours des rapports différents. Je suis les récits de la réalité sur le terrain et j’imagine et je me demande comment un enfant yéménite peut mourir toutes les 10 minutes pour des raisons aussi simples et évitables que la pénurie de nourriture ou de médicaments. Il y a ceux qui n’ont même pas à manger, ceux qui meurent de faim, ceux qui souffrent d'insuffisance rénale, ceux qui sont victimes des coupures d’électricité dans les hôpitaux, ceux qui souffrent des maladies les plus banales mais qui ne trouvent pas de traitement ou des hôpitaux qualifiés pour les traiter. Sans parler des rapports qui indiquent des déformations effrayantes chez les nouveau-nés.

 C’est pour cette raison qu’il est vraiment important, ici, lors de cette conférence d’avoir une vision claire et d’unir tous les efforts des différentes institutions comme des organisations œuvrant dans le domaine humanitaire afin d’améliorer les conditions de leur activité et rendre leur travail plus efficace. Pour trouver des solutions ou des propositions adaptées. Il faut contribuer, de toute urgence, à la réduction d’abord, puis à l’arrêt de la détérioration de la situation humanitaire, catastrophique et terrible.

C’est l’objectif de Médecins Sans Frontières, de Médecins du Monde, d’Action contre la faim, dont nous entendrons les recommandations qui seront émises au cours de cette conférence. Compte à nous, l’alliance internationale pour la défense des droits et des libertés « AIDL » nous en resterons toujours au même point.  

Nous devons continuer à travailler en permanence pour coordonner, avec les différentes institutions et organisations internationales, et dans ce cadre insister sur l'importance qu’il y a à renforcer les efforts pour parvenir à la paix. Notre programme pour les jours à venir ira dans ce sens. En organisant de nombreuses réunions ainsi que des événements semblables, en France comme dans d’autres pays. 

Aussi exhortons-nous les Nations-Unies et la Communauté internationale à jouer un rôle sérieux et bien plus efficace pour soulager la souffrance humaine. D’autant plus qu’il est à noter qu'il y a une faiblesse significative de la performance de l'ONU et l’évident échec du rôle du médiateur des Nations-Unies pour le Yémen, Monsieur Ismail Ould Cheikh, qui pendant deux ans n’a pas su régler les questions humanitaires et politiques.

Mesdames et Messieurs, tout le monde n’est pas du même avis, n’envisage pas les questions politiques du même point de vue, mais tout le monde et même les protagonistes sont d’accord sur la gravité de la situation humanitaire. Elle est catastrophique. 

Nous appelons tout le monde à se concentrer et à travailler dans un effort commun, loin des accusations, et à échanger sur le non implication des civils dans le déroulement des conflits. Il faut aussi que tout le monde s’éloigne des dimensions politiques et militaires et les sépare, complètement, et ne les mélange pas à la question humanitaire sinon on perdra de vue la cause fondamentale, celle de la souffrance des citoyens. A partir de maintenant on donnera la priorité absolue à cette question, afin de ne plus l’ignorer, de ne plus la traiter comme une question dépendant de la politique. Nous éviterons les considérations sur chacune des parties en conflit. On le sait, le rêve de chaque partie est de l’emporter sur l’autre, or le plus important, la plus grande victoire est celle du citoyen, la plus grande victoire est ce qui le soulage au quotidien et diminue ses souffrances. 

Nous affirmons ici que la Coalition internationale pour la défense des droits et des libertés va travailler sans compter dans ce cadre, en coordination avec les institutions, les organisations et les acteurs locaux afin d’alléger les souffrances et d’éviter les catastrophes humanitaires, afin de garantir la bonne livraison des fournitures et de l'aide humanitaire à ceux qui le méritent. En effet des rapports indiquent que les aides ne parviennent pas aux personnes qui en ont besoin. Plusieurs de ces aides ont été vendues ou volées. 

Nous communiquerons avec les différentes parties concernées du conflit pour qu’elles assument leurs responsabilités, ne fassent pas obstacles aux distributions ou n’imposent des restrictions, qu’elles ne prennent pas pour cible des organisations humanitaires et assurent la protection de leurs employés sur le terrain. Nous leur laisserons le champ libre, mais nous considérerons que toute entrave, toute action prenant pour cible les organisations humanitaires, les établissements de santé et les services d’urgences, de la part de n’importe laquelle des partie sera considérée comme un crime de guerre, ou crime contre l’humanité. 

Nous poursuivrons ceux qui commettent ou commettrons ces crimes. 

Nous appelons également toutes les organisations humanitaires à s’impliquer au Yémen. Nous leur fournirons l’aide et l'assistance nécessaire afin qu’elles puissent accomplir leurs missions et tenir leurs rôles.

Mesdames et messieurs, en cette troisième année de guerre, nous appelons les parties en conflit à leur sens des responsabilités et à leurs devoirs envers leurs peuples et leur patrie. 

Comme nous appelons aussi la communauté internationale et les différents États à assumer leur responsabilité et à jouer leur rôle dans le processus de paix afin d'imposer une solution à la crise au Yémen et mettre fin aux souffrances de millions de Yéménites. 

Je souhaite à cette conférence tout le succès et la réussite possibles dans ce but noble et élevé et je réitère mes remerciements et ma gratitude pour leur présence et leur participation à Médecins sans frontières, Médecins du Monde et Action contre la faim. 

Je vous remercie également pour la noblesse de vos sentiments et vos actions généreuses, et vous présente mes excuses pour avoir été un peu long.

Je vais laisser maintenant la parole aux autres participants, pour qu’ils expliquent et débattent de la situation humanitaire. 

Je vous salue le plus sincèrement du monde. 

Merci à vous. 

 

MOHAMED AL SHAMI

Président de Alliance internationale pour la défense des droits et libertés »AIDL »

  Jeudi 13 Avril 2017     -  Paris  

 
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